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A la recherche des atèles libérés



L’équipe d’Ikamapérou revient d’une semaine de pistage au cœur de la Réserve Nationale Pacaya Samiria où 9 atèles chamek ont été libérés il y a quelques semaines.

C’est depuis le campement de Katakari, poste d’’observation d’Ikamaperou, que les deux groupes ont été relâchés dans le but de renforcer les populations sauvages dont la densité reste faible dans cette zone.

Pendant une quinzaine de jours les atèles sont restés dans les alentours des enclos de prélibération autour du campement. Peu à peu nous les avons dirigé vers des plateformes avec de la nourriture en direction des grands palmeraies qui constituent une ressource clé pour cette espèce. Malgré une réadaptation en forêt remarquable pendant plusieurs années où ils avaient montré l’acquisition de toutes les compétences pour la survie en milieu naturel, nous avons observé une grande prudence et inquiétude face à l’inconnu mais aussi une forte cohésion les mâles se relayant pour l’exploration du territoire et la protection des femelles.

Il y a une dizaine de jours l’équipe nous signalait que 3 femelles étaient parties. Un comportement migratoire naturel chez les femelles atèles qui cherchent des partenaires non apparentés. Quelques jours plus tard c’étaient les six autres qui n’étaient plus rentrés autour du campement pour dormir.

Les biologistes et les guides se sont mis à leur recherche avec un système de radio-tracking qui permet de repérer chaque individu pendant une année. Il faut saluer le courage physique et la passion avec lesquels cette petite équipe s’est enfoncée dans les zones inondées des palmeraies où les caïmans ne sont pas rares et encore moins les moustiques. Ils ont pu voir que la télémétrie signalait les femelles migrantes en direction du territoire des atèles sauvages tandis que le reste du groupe fonctionnait comme le font les populations sauvages, c’est-à-dire selon le principe de fission fusion, se séparant au moment de rechercher la nourriture mais se réunissant pendant les moments de repos et la nuit.

Ils se sont déplacés à un kilomètre du campement dans une zone très riche en fruitiers sauvages et Aldo Coquinche a pu les prendre en photo. Tous ont grossi au delà de nos espérances. Il a fallu rentrer pour recharger les batteries et mieux repartir à la recherche des trois jeunes femelles Yacha, Entza et Kutsatin que l’on espère bien pouvoir suivre longuement et filmer.

Une expérience unique au Pérou et qui durera cinq ans pour accumuler toutes les informations et observations sur cette espèce très vulnérable. Un long travail où vont se côtoyer vétérinaires, biologistes et primatologues, patrouilles de guides et bien sûr l’équipe de choc d’Ikamaperou avec Ujukam Kugkumas, Agapo Huachú y les frères Warren et Aldo Coquinche.

Ils sont tous vivants y compris le petit Tsawawai, dans une zone sans intervention humaine, c’est a dire où sont présents tous les grands prédateurs : jaguar, caïmans et, plus dangereux pour les primates, la terrible et magnifique aigle harpie.

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