Accueil > Français > Trafic : une lueur dans les ténèbres

Trafic : une lueur dans les ténèbres



Le problème on le sait est enraciné dans la corruption, l’ignorance et la pauvreté mais surtout le mépris de l’animal.
Sur tous les continents on est passé d’une chasse alimentaire a une chasse commerciale sans merci. La demande est en croissance constante d’autant que la « marchandise « est plus rare.

Il s’agit pour les trafiquants de répondre au négoce du tourisme de masse à la demande d’aphrodisiaques et de supposées médecines miraculeuses, et aux riches urbains en mal d’originalité et qui veulent posséder un jouet vivant pour leurs enfants.

En Afrique, Asie ou Amérique latine tous les conservationnistes observent malgré leurs efforts le grand massacre qui continue.
Pendant 20 ans Ikamaperou avec des moyens dérisoires a tenté sans succès d’agir et de fédérer les grandes ONG péruviennes ou internationales présentes au Pérou pour la protection de la biodiversité.
Il a fallu se contenter d’être seuls pendant des années pendant lesquelles grâce à nos sponsors nous avons pu éditer et distribuer posters, spots télévisés, émissions de radio, ateliers réunissant police autorités locales, et de gestion de la faune.
Tout a-t-il été en vain ? On est parfois tenté de le penser tant nous sommes témoins au quotidien de la présence du trafic et de son impunité. Heureusement il y a eu et il y a encore à Lima des vétérinaires, biologistes et activistes de toute sorte qui ont fait le travail en bout de chaine. NPC et UPA qui nous ont envoyé nombre d’animaux confisqués par leurs soins. Tous sont de petites associations aux moyens limités.

Depuis quelque temps l’accueil qui nous est réservé par les autorités judiciaires locales et celles en charge de la gestion de la faune est bien différente. Plus de prétextes vaseux sur d’hypothétiques réunions ou d’absence des responsables pour éviter d’avoir à agir et confisquer sur les marchés.
Au contraire c’est le branle-bas de combat et il faut freiner leur nouvel et bruyant enthousiasme tant ils ont peu l’habitude d’affronter le trafic et feraient échouer les stratégies mises en place. Même la Marine a répondu à nos demandes d’opérations dans les ports ou les trafiquants emmènent par dizaines perroquets, singes et tortues dans les bateaux.

Deux opérations ont été menées dans le port avec l’aide de la police. Que s’est-il passé ? Une lente et progressive modernisation des mentalités qui se traduit depuis quelques années dans les comportements.

https://www.nodal.am/2018/02/comuni...

On voit des pères qui s’occupent de leurs enfants, des chiens qui font partie de la famille de plus en plus de végétariens et une nouvelle sensibilité pour les animaux sauvages. Si on peut toujours voir des animaux sauvages en vente dans les marchés d’Amazonie en toute impunité ce qui a changé est la réponse qui est faite à nos dénonciations.

Avant l’esquive et l’inertie ; désormais l’effervescence. Dans les administrations il y a une promotion possible pour ceux qui agissent et font appliquer la loi une vraie petite révolution dans notre région Combien de temps cela durer a-t-il ? Nous avons appris à ne pas nous réjouir trop vite.

Mais il faut profiter de cette petite lueur dans les ténèbres. Pour Ikamaperou il faut maintenant faire face à l’accueil des animaux confisqués pour ne pas décourager les autorités d’agir.
Les tracasseries administratives et le manque de moyens ont découragé la plupart des centres d’accepter davantage d’animaux. A nous maintenant de savoir mobiliser autour de nous énergies bonnes volontés et aides financières


Plan du site | Espace privé | SPIP | © photos : Cyril Ruoso | soury! webdesign, développement de sites déploiement cms spip wordpress joomla